vendredi 12 juin 2020

Titus à Quimper !

Une joie en amenant une autre, on a aussi profité de notre séjour de travail dans le Finistère pour lancer les premières lectures-répétitions de Titus, la petite forme satellite que j'ai écrit en écho à Bagarre. Que j'ai hâte qu'elle aussi prenne vie !







Bagarre à Quimper !

Déconfinement, ouverture des portes, levée de la restriction des 100km, on sort de nos grottes, ébloui.e.s par la lumière du jour, l'air frais, on reprend le train, le train !!! pour se retrouver au bout du monde, à Très Tôt Théâtre, avec toute l'équipe de La Loba pour lancer les premières répétitions de BAGARRE !!! Quelles meilleures retrouvailles avec la création au plateau, la réflexion collective, l'agitation des bocaux et des neurones ?! De lectures à la table en discussions, de dramaturgie des objets à l'électro-encéphalogramme du déroulé, de maquette géante aux essais décor en tout genre, j'ai profité de ma chance et de ma joie à chaque seconde. Vivement la prochaine étape !
Plus d'infos sur la création ici : http://www.cieloba.org/spectacle/bagarre/
Et sur Très Tôt Théâtre ici : https://www.tres-tot-theatre.com












“Happa No Ko” gagne le prix Kili-romans 2020 !

J'ai la grande joie d'apprendre ce matin que les lecteurs et lectrices de la médiathèque de Romainville ont donné le prix Kili 2020 à Happa No Ko !
Je suis allée les rencontrer fin février sous des trombes de pluie, pour une matinée passionnante, accueillie par une équipe formidable, super engagée, curieuse, qui avait préparé toute une ribambelle de ms livres et d'autres, proches, pour accompagner nos discussions, dont le magnifique "A l'intérieur des Yokaï" de Shigeru Mizuki…
Merci et longue vie à cette médiathèque chaleureuse et rayonnante, à celles et ceux qui la font vivre et à ses lecteurs et lectrices !
Plus d'informations ici : https://www.mediatheque-ville-romainville.fr/besoin-d-idees/23-selection/94-actu-le-prix-kili-les-laureats





mardi 12 mai 2020

A rester à la maison… Staying at home… XXI

Le lendemain, à l'aube, ils et elles mirent leurs habits préférés — pour ceux et celles qui en portaient — empaquetèrent les restes de leur festin de la veille, ouvrirent grand les fenêtres et descendirent ensemble l'escalier jusqu'au rez-de-chaussée. Les rues étaient déjà pleines de monde masqué et ganté, de voitures, on entendait les trains au loin et les chantiers qui avaient recommencé. Ils et elles prirent une, deux, trois rues dans la ville, tournèrent à gauche et entrèrent dans la forêt hirsute aux sentiers couverts de purée de feuilles, où les oiseaux chantaient à plein gosier pour accueillir leur arrivée.

The day after at dawn, they put their favorite clothes on — for those who wear clothes — wrapped the leftovers from last day's feast, opened wide all the windows and climbed down the straits, all together. Streets were already filled with people wearing masks and gloves, with cars, trains passing by were roaring from afar and construction sites making their noise. They took one, two, three streets in the city, turned left, entered the hairy woods on its paths covered with mashed leaves and birds were singing out loud to celebrate their arrival.


lundi 11 mai 2020

A rester à la maison… Staying at home… XX

A rester à la maison si longtemps, ils et elles avaient oublié qu'il y avait un monde extérieur. Le jour où tout le monde fut autorisé à sortir dehors de nouveau, personne ne quitta la maison. La tempête avait soufflé toute la nuit, secouant les volets, la toiture. Chargée de pluie, la lumière du matin était si sombre qu'on aurait dit l'automne. Ils et elles tournèrent en rond à la maison, mesurèrent tout ce qui avait changé, puis montèrent au phare, ensemble. De là-haut, les rues avaient remplacé la mer. Les têtes des arbres que personne n'avait coupées s'agitaient violemment. En-dessous, la foule revenait marcher, les voitures roulaient à nouveau et les avions strient le ciel. Les oiseaux qui leur avaient apporté des nouvelles du monde pendant tout ce temps vinrent chercher refuge sur leurs fenêtres. Ils et elles passèrent toute la journée à cuisiner pour le repas de fête du soir qui dura longtemps.

Staying at home for so long, they forgot there was a world outdoor. The day everyone was allowed to go out again, no one left home. A storm had blown all night, shaking all shutters and roofs. Full of rain, morning light was so dark it liked like autumn. They roamed at home, appreciated every change  they'd made then climbed up to the lighthouse, all together. From up there, streets replaced the ocean back. The tree's heads that no one shaved were violently shaking. Underneath, the crowd was walking back, cars riding again, planes strieking the sky. All the birds who had brought them news from the world came to find shelter on their windowsills. They spent all the day cooking for the feast diner which lasted a long time.


dimanche 10 mai 2020

A rester à la maison… Staying at home… XIX

A rester à la maison, ils et elles eurent firent une rencontre extraordinaire : un jour, à l'ouverture des volets, les aliens qui leur avaient écrit tant de messages le matin étaient là, juste derrière. Ces aliens avaient une apparence différente de ce que chacun. s'était imaginé, mais tant mieux, c'était encore plus surprenant. Ces aliens étaient de passage et demandèrent si c'était possible de rester juste un petit moment ? Ignorant tout de leur façon de compter le temps, ils et elles acceptèrent, bien sûr. On se serra un peu dans les lits et les aliens s'inscrivirent pour les tours de cuisine et de ménage.

Staying at home, they had an extraordinary encounter : one day, opening their shutters, they saw the aliens right behind, those aliens who wrote them so many morning messages. These aliens look differently than everyone expected, and it was even better, even more surprising. The aliens just came by and they asked if they could stay for a short while ? Not knowing the alien way of mesuring time, they agreed, of course. Everyone shared their beds and aliens took their turns in cooking and cleaning plannings.


A rester à la maison… Staying at home… XVII

A rester à la maison, ils et elles se rendirent compte que beaucoup, beaucoup de choses avaient des yeux, qui les regardaient : les épluchures, les panneaux de plastique, les tables, les casseroles de lait, presque tout en fait… Et qu'on pouvait se dire beaucoup de choses par le regard, même sans se parler.

Staying at home, they realized lots, lots of things had eyes, eyes watching them : vegetable peels, plastic panels, tables, pans with mils, almost everything… And one could say very much with a look, without speaking.