mardi 7 juin 2011

Fête des prix SACD



Lundi 6 juin, un très grand plaisir de recevoir le prix Radio SACD, des mains de Jean Larriaga.

Son beau texte-portrait :
“Elle sait faire plein de choses qui n'en sont qu'une : travailler le vivant de l'écriture. Dans ce vaste programme de jeu infini et fête sensorielle, elle explore les dépaysements du verbe en voyage. Costumière et décoratrice, Karin ne lésine pas sur les couleurs de son langage, un langage en perpétuelle mutation, agile et animé, qui peut s'apparenter parfois à des bulles, des tags.
Quoi qu'elle écrive, théâtre, roman, radio, sa musique suit. Karin joue comme d'instruments de tous les sons environnants ses histoires. Ainsi, dans son mémorable Chambre froide, les cliquetis, la clim' soufflante et les craquements de la glace accompagnent le soliloque d'une caissière de supermarché malencontreusement enfermée et oubliée dans la chambre froide. Karin invente sous nos oreilles le gel progressif d'un esprit engourdi, luttant en hallucinations vagabondes et à coup d'images mentales traduites en voix intérieures. L'inéluctable mort en direct élargit le frigo en banquise surpeuplée de gens et de loups. C'est fou.
L'auditeur dont elle sait la part active d'imaginaire, elle ne l'oublie jamais et même le voit en train de l'écouter au volant de savoiture, voit la route défiler dans son pare-brise, aspirer l'écoute.
Partante pour tous les possibles de la radio, Karin veut bien être poionnière dans tout territoire de formes inédites. De ses participations au laboradio de France-Culture est né son feuilleton opératique La chose dans la poubelle. Et c'est en exploratrice qu'elle apprécie le mieux l'entente avec des réalisateurs qui amplifient ses intuitions (comme Myron Meerson).
Et puis il y a son engagement pour l'esprit d'enfance. Karin Serres fait partie avec d'autres auteurs aussi étonnantes que Marion Aubert ou Nathalie papin, d'un élan qui renouvelle de fond en comble l'écriture pour les "à partir de 11 ans" (drôle de formule adressée aux parents).
Et puis, il y a ses albums. Et puis…
Plusieurs arcs à sa corde.

Mes remerciements :
Je crois que nous, les humains, nous avons besoin de fiction dans nos vies. Or la radio est un territoire de fiction formidable, de par la richesse de ses écritures possibles et aussi parce qu'elle s'adresse à tous les publics, de tous les âges, et ce, dans leur vie quotidienne, pendant qu'on conduit, pendant qu'on cuisine… Comme on écrit seul, mais on travaille en équipe, dans nos métiers, je partage ce prix avec tous les gens de radio qui m'ont appris à écrire pour elle, et avec lesquels j'ai eu la chance de travailler, ainsi qu'avec toutes celles et tous ceux qui soutiennent mon écriture en général. Merci pour ce prix qui me touche et qui m'encourage à continuer.