lundi 4 juin 2018

“Nos fenêtres invisibles” au Tangram d'Evreux

Le pari de ma résidence à l'invitation du Tangram, c'était d'écrire une pièce de théâtre originale entièrement inspirée par mon séjour à Evreux, toute cette saison. 
A quoi sert ce genre de résidence ? Pour le public, à ouvrir les portes de notre travail, sincèrement et en temps réel. Et pour nous, c'est un temps de travail protégé, nourri par l'énergie de la découverte.
Quand je suis arrivée à Evreux en septembre, je ne connaissais pas rien et je n'avais aucune idée d'histoire. J'ai commencé à marcher dans la ville tous les jours, au hasard puis en demandant à ceux et celles autour de moi : quel est votre endroit préféré ? Pas un endroit touristique, mais l'endroit où, si vous avez une demi-heure de liberté, vous aimez aller, seul/e. Et c'est ce qui m'a inspirée. Pas seulement les endroits, mais la générosité de chacune et chacun à réfléchir avec moi, à partager ces endroits quotidiens et intimes, et la diversité des raisons et des choix. 
Et ce qui m'a frappée et ne m'a plus quittée pendant tout l'écriture de cette pièce, c'est la richesse et la fragilité de ce que nous sommes, de nos sensibilités et de nos imaginaires, que nous pouvons tellement partager à travers les mots et le théâtre.
Comme toutes ces heures d'écriture et de discussion avec le super groupe d'écriture qui s'est créé librement au collège Pablo Neruda — quel parrain idéal !— adolescent/e/s et adultes mélangé/e/s, un groupe plein de bienveillance, de profondeur et de grâce qui a travaillé et cherché ensemble deux fois par mois comment raconter ce qu'on a dans nos têtes et comment prendre du plaisir à le faire.
Voilà de quoi est née ma pièce “Nos fenêtres invisibles” : jour après jour, des rencontres que j'ai faites à Evreux, à partir du Cadran, du Kubb et des bureaux du Tangram, dans toute leur diversité, et de l'extraordinaire attention et chaleur humaine que chacun et chacun m'ont offerte.
Vendredi, j'ai lu pour la première fois cette pièce à l'Auditorium, avec le grand Jean-Baptiste Anoumon, après que les mots du groupe Neruda aient aussi sonné : une soirée intense en écho à une résidence aussi intense que puissante qui a donné vie, cinq carnets de notes plus tard, à Kévina, Otis et à leur monde violent mais résistant traversé par les vols de flamants roses, dans le cri des trains sauvages.











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