jeudi 19 juin 2014

Varsovie — 18eme congrès ASSITEJ

18ème congrès mondial de l'Assitej à Varsovie, en Pologne, hébergé par l'immense Palais des Sciences et de la Culture.



Après celui de Copenhague-Malmö, invitée par l'Assitej Suède avec Marianne Ségol pour développer “Rose Rose Rose”, c'est mon premier congrès Assitej de l'intérieur : je fais partie de la délégation française, maintenant que l'Assitej France s'est rebâtie, reconstruction accueillie avec chaleur par tout le monde, et j'ai aussi une casquette WLPG qui me permet d'assister à la dernière journée de votes du congrès : impressionnante réunion internationale de plus de 80 délégations, un véritable Onu du spectacle jeune public, avec parfois quelques touches d'Eurovision… pour le fun.




élection des nouveaux administrateurs du bureau international, dont François Fogel, coordinateur de l'Assitej France


réunion avec la délégation allemande pour préparer nos projets communs des années à venir

grand prix remis par Yvette Hardie, présidente de l'Assitej, 
à Lisbeth Cotolf, de la compagnie De Toneelmakerij, aux Pays-Bas

 cravates en provenance de tous les pays pour Ivica Simic qui quitte le secrétariat général


WLPG au travail (Kim Peter Kovac, Jenny Ann Kopera), tout terrain 

Réception co-organisée par l'Assitej France et l'Institut Français : un succès !



WLPG ( dont Zbigniew Rudzinski) en train de préparer les soirées slam

l'amitié franco-roumaine



Amélie du Payrat, membre du CA et Sandrine Grataloup, vice-présidente de l'Assitej France

Le lendemain, il pleut, mais ça continue de plus belle.



une super conférence de Suzanne Lebeau sur toutes les questions qu'elle se pose


des rencontres autour des auteurs, menées par l'Assitej Allemagne, l'Assitej Pologne et WLPG

WLPG au travail, encore, et Sandrine Grataloup

Puis la première soirée slam WLPG des auteurs et autrices, à laquelle j'ai participé, présentée par Kim Peter et Jenny Ann :


14 auteurs ce soir-là venus d'Allemagne, de Turquie, d'Allemagne, de Hongrie, de Pologne, du Canada, de Pologne, de Pologne, d'Inde, de France et de Russie !

 

 

 

 






En une nouvelle journée de discussions, autour des traducteurs et traductrices cette fois, en lien avec les auteurs.

un groupe de traducteurs-traductrices, dont Ewa Uminska qui a traduit "Louise/les ours" pour le Centre des Arts de Poznan

Kim Peter Kovac et Evan Placey

Très peu de temps pour visiter la ville, mais un peu marché dans le quartier autour du Palais de la Culture et des Sciences…




…traversé par la ligne jaune symbolisant l'emplacement des murs du ghetto de Varsovie.


Vu quelques belles peintures murales aussi, raté une magnifique expo d'affiches et goûté une "polonaise" : extra !!!





Chambéry - Festival du premier roman

Un nouvel endroit d'intelligence et d'ouverture, où cette fois les lecteurs sont au centre puisque ce sont tous les comités de lecture qui ont choisi les premiers romans de l'année dont les auteurs et autrices sont invités. Deux passionnantes rencontres publiques avec Nicolas Clément, l'auteur du très beau "Sauf les fleurs" qui résonne fort avec "Monde sans oiseaux", la découverte de Chambéry entourée de montagnes et l'immense plaisir de retrouver Véronique Bourlon, la directrice du festival déjà rencontrée à Montréal, puisque c'est elle qui a monté le partenariat avec Métropolis Bleu, et son équipe engagée.

la fontaine des 4 sans cul

en repartant, clin d'oeil à Washington



"Tag" revient à Saint Priest où il a grandi

Dernières représentations de "Tag" pour cette première saison, au Théâtre Théo Argence de Saint-Priest, qui l'a vu grandir pendant les deux années où nous avons travaillé en compagnonnage avec deux classes du Lycée Forest : émotion au rendez-vous et salle transportée.

4 ans à travailler au sein de cette belle Fabrique de théâtre inventée et rassemblée par Anne Courel dans un réel esprit populaire de qualité, qui va fermer ses portes suite au changement de municipalité. (article à venir), où l'arbre réalisé par la section ferronnerie du lycée deviendra le coeur de la signalétique de fin de saison, et fait écho au métal du décor de Tag, dont le sujet fait lui écho aux vrais tagueurs qui officient dehors, sur le parvis, sur une réalisation ouverte aux jeunes amateurs, dans une vie de répétitions-montage-représentations-démontage incessante et portée par une équipe technique, artistique et administrative super et si engagée.





Je ne reverrai plus de sitôt ces immeubles et cette gare au milieu de nulle part auxquels je me suis attachée, ni ces habitantes et habitants de tous âges avec lesquels nous avons beaucoup partagé.







Encore un peu de Washington



Petits déjeuners tout en haut du Kennedy Center.


 Orages sur le Potomac

Café au lait tourbillonnant et plein de branches le lendemain






Et retour vers la France







Washington #2

Dans cet immense bâtiment qui regroupe 9 théâtres dont une scène jeune public et une autre, Millenium, qui propose un spectacle différent et gratuit par soir, j'ai découvert un festival biennal aussi professionnel qu'ambitieux et bien pensé, unique en son genre, mûri depuis 23 ans, résolument tourné vers les écritures dramatiques contemporaines et vers l'international. 








Huit équipes artistiques au travail du lundi au vendredi midi, chacune autour d'un texte ou d'un projet pour le public jeune, de l'enfance à l'adolescence, puis la partie publique destinée aux professionnels de tout le territoire américain, anglophone et plus, du vendredi midi au dimanche soir, qui alterne lectures publiques de ces projets au Family Theater, colloques, discussions, tables rondes, présentations et soirées. Plus de 400 professionnels y assistaient.

Une partie de l'équipe de “This is modern art”



Invités étrangers particulièrement choyés, les 6 International Playwright Observers et leur "drama mamma" Cecily m'ont accueillie dans leur groupe aussi curieux qu'ouvert et généreux. Dimanche matin, ils ont lu un extrait en vo de leur dernier texte jeunesse, dans la forme "slam poétique"  promue par WLPG dont Kim Peter Kovac est l'un des fondateurs : sonorité et rythmes évocateurs des langues étrangères sur scène et additionnées, force du texte lu par son auteur et richesse de la réception intuitive. Ensemble, nous avons écrit une histoire originale pour l'anniversaire d'Afeif.

Geert Genbrugge (Belgique), Simone Spiteri (Malte), Afeif Ismaïl (Australie), Cleiton Echeveste (Brésil), 
Ingeborg von Zadow (Allemagne), Cecily (UK), Anna Nygren (Suède)

Et, pour “Louise/the bears”, le temps et le lieu rares où retravailler ensemble avec toute une équipe enthousiaste pour aboutir à une réelle nouvelle version américaine, inspirée par tous les échos avec les cultures actuelles nord-américaine et shoshone, les retours des comédiens profondément engagés (Rana Kay, James Konicek, Michael Kramer, Jenna Sokolowski et Deirdra LaWan Starnes), l'extraordinaire création ursienne improvisée du beat boxer Christylez, les intuitions de Deirdre Kelly Lavrakas, formidable metteuse en scène, et les recherches de fond de Faedra Carpenter, dramaturge associée, le tout en cadré par Jessica Evans, notre stage manager. Une nouvelle version américaine dans laquelle tous les éléments trouvent enfin leur place, leur sens, leurs échos les uns avec les autres. Et une mise en lecture qui donne à la présence des ours une puissance transparente aussi chaleureusement rassurante que ludique. Nous avons fini en larmes.












Dimanche, lors de leur discours de clôture avec Deirdre Kelly Lavrakas, aussi chaleureux que l'avait été celui d'ouverture, Kim Peter Kovac a conclu en lisant un poème qu'il avait écrit dans la nuit :

When I asked Louise to tell me her dream,

she sang of the gift of the arrival of the tribe

of story, full of excited conversations
in multiple languages, guided
by the dramaturgs and the drama-mama.
The garden gnomes and the graffiti-bombers
heard the moon’s melody and grabbed the boy
with the blue bear and brought
everyone twisting down to Rio.
From there they moved – without words –
into our giant backyard where a wingman
appeared to help us all lift and fly
to find our own see-through white
spirit bear, somewhere on the rim
of the world, a world-in-progress
still being – joyfully – rewritten.


Quand jai demandé à Louise de me raconter son rêve,
elle sest mise à chanter le cadeau de larrivée de la tribu
de l'histoire, pleine de conversations passionnées
en plusieurs langues, guidée
par les dramaturges et la drama-mama.
Les nains de jardin et les graffeurs
ont entendu la mélodie de la lune et attrapé le garçon 
avec lours bleu et emporté
tout le monde en twistant jusqu'à Rio.
De là, ils ont déménagé – sans parler –

dans notre jardin géant où un homme ailé 
est apparu pour nous aider tous à décoller et à voler
pour trouver notre propre ours esprit
blanc transparent, quelque part au bord du bord
du monde, un monde-en-cours
en constante  – joyeuse – réécriture.